Le Japon invité à augmenter ses échanges avec l'Afrique

Publié le par habari

Economie-Coopération - Le chef de l'Etat tanzanien et président en exercice de l'Union africaine (UA), Jakaya Mrisho Kikwete a déploré mercredi à Yokohama le niveau des échanges économiques entre l'Afrique et le Japon, invitant les hommes d'affaires nippons à investir sur le continent. "Entre 2002 et 2003, les importations japonaises en provenance de l'Afrique représentent moins de 2% de l'ensemble de ses importations. Cela doit changer", a-t-il déclaré.

S'exprimant au cours de la cérémonie d'ouverture de la quatrième Conférence de Tokyo sur le développement de l'Afrique (TICAD IV), le président tanzanien a également souligné la faiblesse des investissements japonais sur le continent.

Citant la Banque mondiale, il a déclaré que les investissements japonais en Afrique représentent 0,4 pour cent de l'ensemble de leurs investissements dans le monde estimés à 108,5 milliards de dollars entre 2002 et 2004.

"L'Afrique ne reçoit qu'une portion congrue des investissements japonais dont les 85% sont destinés à l'Egypte et à l'Afrique du Sud", a ajouté le président Kikwete.

"Nous devons convaincre les investisseurs japonais pour qu'ils s'intéressent davantage à l'Afrique. L'Afrique n'est plus le continent à risques qu'ils pensent", a-t-il affirmé.

"Les investisseurs japonais sont hésitants et cette attitude n'est pas justifiée. Nous voulons que le gouvernement du Japon nous aide à les rassurer et à les convaincre qu'il n'y a pas de risques d'investir en Afrique", a ajouté le président en exercice de l'UA.

Il a soutenu que "les risques d'investissement en Afrique relèvent du passé plutôt qu'à la réalité".

Le président Kikwete a toutefois salué "l'engagement continu" du Japon en faveur de l'Afrique, estimant que la TICAD en est l'illustration parfaite.

"En 15 ans d'existence, la TICAD a prouvé sa valeur comme instrument de coopération. Elle a réussi son pari grâce à l'engagement continu du Japon qui n'a jamais failli à son leadership", a affirmé le président Kikwete.

"Nous pouvons faire plus et la TICAD doit aller plus loin. Nous devons améliorer nos relations économiques notamment commerciales", a-t-il dit.

Le sentiment du président en exercice de l'UA est partagé par la plupart des chefs d'Etat africains qui ont pris la parole au cours de la cérémonie d'ouverture de la TICAD IV.

"Certes, de nombreuses réalisations ont été enregistrées en Afrique dans différents secteurs grâce à cette Conférence (TICAD), mais malheureusement la réalité est que beaucoup de pays du continent restent encore ancrés dans le sous-développement", a déclaré le président de l'Union des Comores, Ahmed Abdallah Mohamed Sambi.

Il a invité les dirigeants africains et japonais à identifier les obstacles qui entravent la mise en oeuvre effective des programmes et actions susceptibles de contribuer au redressement économique des pays africains.

Le président comorien a invité le Japon à oeuvrer pour le transfert de technologie vers l'Afrique et à aider les Etats à former leurs ressources humaines.

"Le Japon doit tisser avec les pays africains un partenariat stratégique et bénéfique qui doit dépasser l'aide au développement et se traduire par des investissements directs", a déclaré de son côté le président gabonais, Omar Bongo Ondimba.

Il a estimé que la TICAD, initiative lancée en 1993, a permis de promouvoir le développement durable du continent africain "dans un esprit de partenariat, de responsabilité et de respect mutuel".

Source: PANA
Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article