| "Notre souhait est que la campagne se déroule dans une atmosphère de paix et de liberté et que tout le monde puisse voter librement comme ce fut le cas le 15 juin", a déclaré le ministre chargé des élections, Mmadi Ali, lors de l'ouverture de la campagne du second tour. Il a également appelé les Anjouanais "à aller massivement aux urnes, cette fois", alors que le premier tour a été marqué par un faible taux de participation (42,79%). Le second tour oppose M. Djaanfari, député de Sima à l'Assemblée de l'Union des Comores et homme d'affaires spécialisé dans le transport maritime, à Moussa Toybou, ingénieur des travaux publics formé en Algérie, peu connu sur la scène politique malgré un bref un passage au gouvernement en tant que ministre sous le régime de l'ancien président Said Mohamed Djohar, et qui bénéficie du soutien du président de l'Union des Comores, Ahmed Abdallah Sambi. Le premier part favori. Celui qui était arrivé en deuxième position (derrière Sambi) lors des primaires de l'élection du président de l'Union en 2006 semble en effet disposer d'un réservoir de voix important. Bien que mince, son programme est connu par la population depuis deux ans : miser sur le développement de la pêche et l'agriculture et lutter contre la corruption. Ce n'est pas le cas de son rival : jusqu'alors inconnu, Moussa Toybou –dont le programme se résume au développement des infrastructures et à une bonne entente avec le pouvoir fédéral- ne doit sa popularité qu'au soutien que lui a apporté officiellement Ahmed Abdallah Sambi durant la campagne. Un soutien à double tranchant. Le contexte social très tendu sur l'île pourrait lourdement handicaper le candidat du pouvoir. Depuis l'opération militaire du 25 mars qui a chassé du pouvoir le colonel Bacar, la situation s'est dégradée à Anjouan, où l'état de grâce de Sambi n'a été qu'un feu de paille. Les pénuries de riz et de carburant ajoutées aux délestages d'Electricité d'Anjouan (EDA) ont paralysé l'économie locale. Seul un jeu d'alliances en sa faveur pourrait faire gagner Moussa Toybou. Sur les trois candidats malheureux du premier tour, deux pourraient le soutenir, Bastoine Soulaimana et Bacar Abdou. L'arrivée de Sambi à Anjouan samedi 21 juin après un déplacement de dix jours à l'étranger pourrait décanter la situation. Cependant, les partisans de Djaanfari dénoncent le parti pris des médias d'Etat en faveur de Toybou. Mohamed Djaanfari lui-même s'est fendu d'un communiqué jeudi 19 juin dénonçant à l'avance les pressions du clan Sambi. "Chers électeurs et électrices, à l'issue du scrutin du 1er tour, vous avez fait la moitié du chemin, celle qui reste à parcourir s'avère semée d'embûches", pense-t-il, avant d'affirmer que "les intimidations vont s'accentuer ; la corruption se généralisera ; les magouilles se multiplieront ; les contre-vérités seront déversées sur ma promesse et sur mon parcours politique." |