commentaire d'un de nos lecteurs

Publié le par l'anjouannais

Cet été, dans l’archipel aux parfums, archipel aux Sultans batailleurs, pays de crises et des paradoxes, l’on célèbre les 34 ans d’indépendance inachevée, un mois après le deuxième anniversaire de l’accession du président Ahmed Abdallah Mohamed Sambi au pouvoir. Deux ans d'un règne exceptionnel et insolite aux Comores. Célébration ? Cet été aura été le mauvais été que les Comoriens auront connu depuis leur accession à l’indépendance. Les pénuries de tout genre ont beaucoup pesé, sur les cérémonies moroses organisées en l’occasion. Les Comoriens ont été cette fois-ci privés du discours traditionnel du raïs. Le président Sambi qui s’en prend souvent au précédent régime est désormais dénudé et dépourvu de tout argument pour justifier son amateurisme, son incompétence, sa haine, son népotisme et son égoïsme.
À Moroni et à Mutsamudu, les tribunaux commencent à juger des dizaines de prévenus. Tous sont des politiques ayant servi dans l’ancien régime sous Azali ou Mohamed Bacar d’une façon ou d’une autre. Du procès, les gens se rendent vite compte que Sambi a créé un décalage entre les citoyens selon leurs origines, leurs rangs et leur aura.
Beaucoup de Comoriens découvrent avec effarement l'ampleur des réseaux chiites intégristes et d'autres, ceux-là mêmes qui, hier encore, prônaient le changement et espérer voir des choses encore non vécues dans le pays découvrent une gouvernance de la période des Sultans. Le changement, y est. Mais dans quel sens ? Venez voir si vous êtes intéressés.
Les fils du pays, les enfants de la misère et de tous les échecs de l’indépendance avaient pourtant cru en Sambi et son régime. Hélas ! Un révélateur brutal, en somme, du chemin qui reste encore à parcourir durant les 20 mois qui viennent. A lire, l’édito de Kweli, l’on se rend compte que mêmes les journalistes sont, soit complaisants avec Sambi, soit ils ne trouvent pas les mots justes pour décrire ce qui se passe dans ce pays. Appelons un chat un chat est cessons la démagogie !
Dresser le bilan de deux années de règne du FNJ et de la famille de Mollah Sambi reviendrait-il à égrener un chapelet de doléances, de douleurs, de doutes, d’incertitudes ? Justice, santé, éducation, alphabétisation, inégalités sociales, statut de la femme, disparités et absence salariales, pénurie des matières premières ; tout cela choque et donne souvent l'impression désespérante qu'aux Comores de Sambi tout bouge pour que rien ne change, à moins que ce ne soit l'inverse. Depuis son investiture le 26 mai 2006, rien n’est fait dans le sens de renforcer le processus de réconciliation nationale, de démocratisation et de lutte contre la pauvreté.Sans doute, Sambi ne communique-t-il pas sa vraie vision des Comores à un peuple qui, à l'heure de l'information mondialisée, ne peut plus se contenter de la décrypter à travers des discours fleuves lyriques sans queue ni tête. Il est vrai qu'en dépit de sa bonne volonté, Sambi n'a pas encore réussi à s'entourer de conseillers ou de ministres à la hauteur de la mission censée être la leur.

Pourtant, les Comores de juillet 2008 devraient, certainement être différentes de celles qu’a connues Taki ou Abdallah. Sambi n’a-t-il pas hérité un pays à partir d’une alternance démocratique ?Un taux de croissance élevé par rapport au continent, des projets lancés dans le secteur du tourisme, bancaires, des télécoms et des retombées importantes promises par la Conférence de Maurice ?
Après tout, on ne peut prétendre moderniser, le pays et se plaindre sans cesse d'un déficit d'autorité et d'une absence de leadership. La classe politique dans son ensemble devrait se constituer en laboratoires d’idées et de propositions pour aider les insuffisances du gouvernement à travers l’Assemblée. Mais de quelle Assemblée ? Ici, force est de reconnaître que les Institutions c’est Sambi. L’Opposition c’est Sambi. Le pouvoir c’est Sambi. Les Comores c’est Sambi. Il a repris à son propre compte que Gouverner, c’est prévoir. Peu n’importe que le chat soit noir ou gris, iranien ou koweitien, pourvu qu’il attrape la souris, au profit de son clan et de son secte. L’essentiel pour lui était de leur dire : « Enrichissez-vous».Le moins que l’on puisse dire est qu’il a été entendu. Le président Sambi est légitime car élu démocratiquement et c'est tout ce qui compte. Rendez-vous en 2010
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