Produits pétroliers : la mésaventure comorienne

Publié le par l'anjouannais

 
 
S’il fallait un exemple pour démontrer que l’économie d’énergie devrait primer avant toute autre considération, nous l’avons avec les Comores ! Dans le sillage de l’introduction mouvementée de l’heure d’été à Maurice, il est heureux de constater que le pragmatisme éclairé face aux enjeux d’aujourd’hui ait eu le dessus sur ceux qui tendent a regarder dans une seule et unique direction, nonobstant le fait que le monde actuel n’est plus celui d’hier.
En revanche, aux Comores, il se confirme que le positionnement idéologique et les nouveaux partenaires politiques choisis par le gouvernement d’Abdallah Sambi s’avèrent être une orientation désastreuse pour l’archipel des Comores.
Selon le journal Ouest-France, « la décision du président comorien de ne pas renouveler le contrat avec le groupe pétrolier français Total, au profit de l’Iran, est à l’origine de la situation actuelle ».
On connaît bien les relations difficiles entre l’Union des Comores et la France, ainsi que les nouvelles amitiés entre l’archipel et l’Iran, où Sambi a été formé. Au coeur de la tension, s’affrontent deux visions du monde. Le terrain de la discorde se trouve être Mayotte, que la France veut développer davantage, mais que les Comores veulent récupérer – pour compléter son parcours de décolonisation. Plus récemment, l’épisode Bacar, en exil à la Réunion, n’a fait que verser de l’huile sur le feu diplomatique franco-comorien.
Vaines Promesses
Quand le gouvernement Sambi annonce la rupture du contrat qui liait alors la Société comorienne des hydrocarbures avec le groupe Total, il prétendait avoir trouvé un nouveau fournisseur, fort des contacts de Sambi avec l’Iran et le Yémen. Les premières livraisons par bateau étaient même annoncées. Mais les promesses ne se sont pas matérialisées. Le chamboulement du cours du pétrole sur le marché mondial n’y est pas étranger...
Alors, à la pénurie du pétrole lampant s’ajoute ces jours-ci celle des carburants. Les activités économiques - aéroportuaires et ports - tournent au ralenti pour dire le moins. Le service public n’est plus en mesure d’assurer ses missions. Enfants, femmes et personnes âgées doivent effectuer des kilomètres à pied pour espérer s’approvisionner. Des bébés naissent et meurent à l’hopital, il y a une pénurie de médicaments...
Partout dans le monde, le prix de l’essence à la pompe est devenu le souci numéro un. Aux états-Unis, les candidats à la présidence ont choisi l’énergie comme thème principal de leurs interventions. En Afrique, on se démène pour survivre. Aujourd’hui, à bien voir, l’energie est créatrice de la vie de tous les pays. Sambi mesure sans doute mieux que quiconque dans la région, qu’elle peut aussi être destructrice... de paix et de développement.

Nad Sivaramen
© La Sentinelle
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