l'état comorien en faillite!!!

Publié le par l'anjouannais

Comores / Société / Crise des hydrocarbures : Y a-t-il risque de banqueroute ?
Moroni, jeudi 14 août 2008 (HZK-Presse) – La Direction de la Société comorienne des hydrocarbures (SCH) tente de rassurer les consommateurs en déclarant sur la radio et télévision nationale que la quantité de produits pétroliers arrivée la semaine dernière doit répondre à la demande normale pour une durée de 30 à 45 jours.

A en croire le patron de la SCH, le spectacle des interminables files d'attente observées devant toutes les stations services de la capitale ne serait à ses yeux que l'expression d'une « pénurie artificielle », qu'entretiennent des milieux qu'il qualifie de « spéculatifs », cherchant à déstabiliser le pays.

Si on ne peut nier des attitudes spéculatives de la part de certains usagers inquiets de cette crise à répétition des approvisionnements, depuis plusieurs mois, les observateurs s'interrogent légitimement sur la manière peu transparente et cacophonique [le terme utilisé par nos confrères d'Al-Watwan est exact, ndlr] dont a été géré ce dossier sensible d'un secteur aussi stratégique.

Dans une économie de marché, et dans un contexte de mondialisation, les pouvoirs publics n'ont guère d'autre choix que de jouer la carte de l'ouverture du capital de ces entreprises devenues des vaches à lait des régimes successifs, pour éviter leur faillite. Il faut surtout arrêter de mentir à la population, par des déclarations intempestives qui ne tiennent aucunement compte des réalités.

La vérité est que l'Etat doit cesser de fonctionner comme une épicerie, et renouer avec le respect des règles élémentaires de l'orthodoxie budgétaire longtemps préconisées par le FMI et la Banque mondiale, quand on sait que la facture des deux dernières cargaisons d'hydrocarbures n'a été réglée que par une mise à contribution de différentes institutions, notamment Comores Télécom, Eximbak, Meck, etc.

Nos gouvernants ne doivent plus continuer à puiser directement dans les caisses des sociétés d'Etat, pour financer leurs missions à l'extérieur, ou acquérir leurs véhicules de fonction. Stopper la circulation des tickets d'essence est une bonne mesure, mais encore insuffisante face à la situation de banqueroute qui menace dangereusement l'Etat, accumulant à ce jour 6 mois d'arriérés de salaire pour ses fonctionnaires au titre de la seule année 2008, sans perspectives sérieuses de croissance pour atténuer le choc de la flambée vertigineuse des prix, et améliorer le pouvoir d'achat de ses citoyens. Le conseiller en communication de la présidence de l'Union devra sans doute trouver d'autres arguments pour convaincre l'opinion du contraire.

El-Had Said Omar

140808/eso/hzkpresse/12h00
Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article