COMORES : UN LOUP DANS LA BERGERIE.
COMORES : UN LOUP DANS LA BERGERIE. LE CHEF D'ETAT MAJOR DERAPE - De nature plutôt réservé et d'ordinaire peu loquace, le général SALIMOU, nouvellement promu n'arrête pas les interventions intempéstives et inquiétantes. Force est de constater que depuis la libération de l'île d'Anjouan, l'officier se croit pousser des ailes. Il se prend pour le Prophète qui a libéré la ville de Médine de la domination des mécroyants. Comme on dit familièrement, notre général a pris la grosse tête. En effet, sa promotion, semble le reconforter dans l'idée qu'il est désormais, devenu un élément incontournable sur l'échiquier politique comorien. Si l'on doit saluer le dévouement du général et peut être, son sens du devoir, il fairait par contre mieux, de faire preuve d'un peu d'humilité car, nous savons tous aujourd'hui que le départ de BACAR a été négocié en hauts lieux. De surcroît, sans l'implication de l'Union Africaine et sans l'apport des forces de coalition, l'opération sur Anjouan eut été plus laborieuse, sanglante et peut même militairement irréalisable. Il ne faut pas aussi perdre de vue que le débarquement est après tout, une demie victoire car, la deuxième mission qui a été assignée à l'AND à savoir, la capture de BACAR n'a pas été accomplie. SALIMOU doit calmer ses ardeur et se rappeler modestement de cette pensée de Corneille qui disait dans le «Cid»: A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire. Fort de la populatité apparente et très passagère dont il a pu jouir au lendemain du débarquement, le général ne se gène pas aujourd'hui pour s'immiscer de façon flagrante, dans des matières qui ne relèvent pas de sa compétence. Au lieu de fanfaronner et de se prendre pour un super héros, SALIMOU doit se rappeler des cours dispensés dans les différentes écoles militaires qu'il a fréquentées. Le général doit se rappeler que la politique de défense d'un pays, les orientations générales sont de la compétence exclusive du pouvoir exécutif (le Président et son gouvernement). Son rôle de chef d'état major doit se limiter à une fonction technique, d'expértise et de conseil. Il assure la formation, l'encadrement des militaires qui lui sont subordonnés et exécute fidèlement, les missions qui lui sont confiées. Cela dit, il ne lui appartient pas de fixer le budget de l'armée et a fortiori, de prendre une quelconque mesure qui aurait pour conséquence, d'accroître de façon excessive, les charges financières de l'Etat. Dans un pays de droit, cette prérogative revient à l'assemblée nationale qui vote le budget. Le chef d'état major lui, établit uniquement un budget prévisionnel qui est soumis à l'approbation des élus. En tout cas, SAMBI endosse une lourde responsabilité dans cette dérive autoritaire puisqu'il a pris depuis son accesion au pouvoir, le soin de réduire la représentation nationale au rôle de figurant et de chambre d'enregitrement. Dans un ton martial et sûr de son fait, notre général exclut toute possibilité de réintégrer les anciens gendarmes d'Anjouan au sein de l'AND. Pour lui, la seule solution pour remplacer les exclus sera de recruter 700 soldats supplémentaires. Par ailleurs, pour endormir les esprits et nous faire avaler la couleuvre, il nous assure que cette mesure n'entraînera aucune augmentation sur le budget de l'armée. Nous demeurons très dubitatifs sur ces affirmations qui ressemblent à un gros mensonges cousu de fil blanc. Pourquoi dans un souci de transparence et pour rassurer l'opinion, ne communique t-il pas les chiffres exacts de cette opération ? Le général a t-il calculé le coût de formation d'un nouveau recru, de son encadrement jusqu'à ce qu'il devienne vraiment opérationnel ? Pour lui, ce coût se résume à un simple salaire. Mauvais calcul ! En résumé, ce recrutement est une grave erreur car, hormis la dépense inutile qu'il va engendrer, il n'aura aucun effet positif ni sur la capacité opérationnelle des troupes ni sur l'amélioration de la condition militaire. Il faut donc arrêter cette folie des grandeurs. Le Président SAMBI ne peut pas dénoncer les effets nocifs d'une fonction publique pléthorique et budgétivore et en même temps, ordonner de façon aveugle, le recrutement de 700 militaires. C'est de l'inconscience sans borne. Dans son élan, M. SALIMOU nous annonce son projet phare d'affecter des militaires pour travailler dans des fermes à l'instar de ce qui a été crée par les mercenaires de Bob DENARD. Certes l'idée est séduisante mais, il oublie au passage de nous dire où est-ce qu'il ira dénicher les moyens financiers et matériels pour mettre à exécution son plan. Qu'il se charge tout d'abord de payer les arriérés de salaire de ses militaires ! En tout état de cause, cette immixtion des militaires dans les affaires politiques et judiciaires du pays est pour tout démocrate, un sujet d'inquiétude. Un commandant de région ( à Anjouan) qui se permet d'emprisonner des personnes libérées par un juge, un chef d'état major qui se substitut au ministre du budget et qui prend des mesures qui obèrent les finances du pays; tout cela, n'est pas acceptable et relève de l'amateurisme pur. Plus grave encore, dans un pays où l'action des militaires n'a pas toujours été salutaire, les risques de tentation de s'acaparer du pouvoir source de puissance et de richesses restent perceptibles. Jusqu'où iront ces militaires qui ont gouté aux plasirs et aux joies que procure le pouvoir ? Cela, personne ne peut le prévoir. L'histoire nous le dira. (Taréhi ndé hakimou). Je crains tout simplement que le Président SAMBI ait fait entrer un loup dans la bergerie. Un loup qu'il ne pourra plus, ni dompter ni contrôler. L'histoire nous dira aussi qui, du chef d'état major SALIMOU ou du chef du cabinet militaire (ABDOUL BASTOUI) qui est en vérité le vrai patron de l'armée pour des raisons de copinage avec le ministre de la défense, va l'emporter. Il ne faut pas oublier que si ces deux officiers ont, à un moment donné, unis leurs efforts pour se débarrasser du lieutenant-Colonel, HAMZA, une rivalité farouche les oppose. Le général SALIMOU ne doit pas se faire d'illusions. Il doit se rappeler que sa désignation au poste de chef d'état major, fut un choix par défaut. Selon des informations dignes de foi, le Président SAMBI aurait souhaité pour des raisons de confiance, désigner un officier de son île natale et de préférence, de sa ville comme il l'a fait pour d'autres hautes fonctions. D'ailleurs, les larges pouvoirs et prérogatives conférés à BASTOUI sont pour SAMBI, un habile moyen de contrôler et/ou de contrecarrer les actions de l'état major dont il n'a pas une confiance absolue malgré les apparences. Un jour, SAMBI s'apercevra que SALIMOU est un élément incontrôlable et que ses ambitions ne pourront éternellement, se limiter aux frontières de la caserne. Ce jour là, le fossé entre les deux hommes s'agrandira et tout pourra basculer. Malheureusement et comme d'habitude, ça sera encore le peuple déjà meurtri des Comores qui va trinquer. Certains prendront ses sinistres prévisions pour de la fiction. C'est leur droit le plus absolu. Je leur donne rendez-vous dans quelques mois surtout quand, le nouveau Président qui sera originaire de Mwali (si naturellement, SAMBI ne bidouille pas la constitution), demandera à notre général de rendre son tablier et de partir. Ce dernier acceptera t-il de quitter ses fonctions comme un bon soldat discipliné ? Cela est moins sûr car, le pouvoir appelle le pouvoir. Les événements récents survenus en Mauritanie doivent nous interpeller. En effet, quelques jours après leur limogeage, 4 généraux ont organisé un coup d'état pour déposer le président fraîchement élu. L'Union Africaine vocifère encore comme à son habitude mais, la junte militaire est toujours en place. Tout cela pour vous dire mes chers compatriotes que l'on est pas encore sorti de l'auberge. Moutso wona ntrongo ka mwa paro ziwona. Des larmes, de la sueur et l'impression d'un immense gâchis qui se perpétue, voilà ce que SAMBI nous avait promis. Vu sous cet angle, il a au moins tenu parole. LE 19 AOUT 2008 - UN SOLDAT INCONNU
source: link ( ianjouanpresid)
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