| Nichée entre "la situation dans les territoires occupés de l’Azerbaïdjan" et la "nécessité de lever le blocus économique, commercial et financier imposé à Cuba par les Etats-Unis", la "question de l’île comorienne de Mayotte" se trouvait en 19ème position (sur 155) dans le chapitre "Maintien de la paix et de la sécurité internationales". Encore inscrite jeudi après-midi, elle ne l’était plus jeudi soir, à 21 heures (heure de l’archipel). En 2007 déjà, la diplomatie comorienne l’avait retirée au dernier moment, en échange d'une rencontre à l'Elysée entre Nicolas Sarkozy et Ahmed Abdallah Sambi - c'est au cours de cette rencontre officielle que les deux présidents avaient avancé l'idée d'un groupe de haut niveau, formalisé en juin dernier. Lors de son discours à la tribune, M. Sambi a reconnu que la priorité était aux négociations bilatérales. "Aujourd’hui", a-t-il déclaré, "la France est à Mayotte, contrairement aux résolutions pertinentes des Nations Unies et de toutes les autres organisations internationales, régulièrement saisies de la question (…)" Il a cependant longuement évoqué le cas de Mayotte, en raison de la volonté française d'y organiser en 2009 une consultation : "Je voudrais préciser ici qu’à la suite des discussions engagées avec la France sur cette question, depuis le mois de septembre dernier [2007], après ma rencontre avec le Président Nicolas Sarkozy, je n’envisageais pas de l’aborder dans le cadre de cette session (…). Le Groupe de Travail de Haut Niveau institué à cet effet, sur l’initiative du Président français, offre, à mon sens, un cadre bilatéral idéal pour examiner tous les aspects liés à cette question. Mais, la détermination affichée, ces derniers temps par les autorités françaises, pour l’organisation d’un référendum, en 2009, en vue de la départementalisation de Mayotte, m’oblige à l’évoquer ici", a-t-il précisé, avant d'ajouter : "Vous conviendrez avec moi qu’une telle décision, intervenant à un moment où les discussions sont engagées entre les deux parties, n’est pas de nature à favoriser un dialogue franc et constructif." Pour autant, les autorités comoriennes n'ont pas abdiqué, a tenu à préciser le président comorien. "L’Archipel des Comores composé des quatre îles d’Anjouan, de la Grande Comore, de Mayotte et de Mohéli, a toujours connu, pendant la colonisation française, une unité physique, géographique, confessionnelle, culturelle et linguistique", a indiqué Ahmed Abdallah Sambi. "Je voudrais, enfin, rappeler que les Comores composées de Mayotte, Anjouan, Mohéli et la Grande Comore ont été admises dans cette prestigieuse organisation des Nations Unies le 12 novembre 1975, dans ses frontières, sans que la France manifeste son opposition à cette admission." M. Sambi a par ailleurs annoncé qu'il considèrerait comme "nulle et non avenue toute consultation qui serait organisée dans le cadre de la départementalisation de l’île comorienne de Mayotte". Malgré tout, a-t-il conclu, "il est permis d’espérer que cette revendication légitime des Comores sur l’île de Mayotte trouvera très prochainement une heureuse issue. Je suis d’autant plus confiant en cela, que de nombreux problèmes en suspens dans le monde ont été résolus et d’autres sont en voie de résolution, depuis que Son Excellence le Président Nicolas Sarkozy a accédé à la Magistrature Suprême de la France". RC |