Les ex-gendarmes de Bacar sortent au compte-gouttes
Sans travail et sans argent
Ce document n'est pas pour autant un titre de séjour. Celui-ci ne leur permet ni de travailler d'une manière légale ni de bénéficier des minima sociaux. Pour Christine Louis-Quéré, la présidente de la ligue citoyenne, « ils se retrouvent sans travail, sans argent avec l'impossibilité pour eux de pouvoir vivre une vie normale à la Réunion ». « Et que se passera-t-il si les gens qui les hébergent décident du jour au lendemain de les mettre dehors ? », s'interroge encore la présidente de l'association. « Ils sont totalement à la charge des personnes qui ont décidé de les aider. Mais combien de temps cela va-t-il pouvoir durer ? » Même interrogation de la part de Me Marie Briot, l'une des deux conseils des ex-gendarmes anjouanais. « Ils sont restés presque six mois sur cette base aérienne », commence Me Briot. « Ils n'avaient aucune activité. Ils étaient cantonnés dans leur chambre avec seulement un petit bout d'herbe. Ils ne pouvaient même pas faire un footing », constate l'avocate avant de poursuivre : « Pour ceux qui ont de la famille à la Réunion, cela peut aller, mais pour les autres, je ne vois pas comment cela pourra être tenable pour eux à long terme », affirme l'avocate avant de s'interroger sur la volonté des autorités. « Ils se sont fait avoir. Maintenant, on va les oublier », conclut le conseil. Cependant, plusieurs actions juridiques sont encore en cours dont des recours devant l'Ofpra et d'autres devant la Cour nationale du droit d'asile dont l'un qui sera examiné le 12 novembre prochain. Tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir...
Jérome Leglaye