M. Djabir réagit sur la crise politique qui sécoue l'île de Mohéli
La décision du gouvernement de l’Union de faire intervenir l’armée nationale à Mohéli est une action très dangereuse au regard de l’unité nationale que nous recherchons tous, gouvernement et opposition. Quand le Chef exécutif de l’île autonome, Mohamed Ali Said crie au coup d’état institutionnel, certains le jugent excessif. Mais en réalité, il se conforme à la constitution qui précise que les directeurs régionaux des sociétés d’Etat sont nommés par les chefs des exécutifs insulaires. Par conséquent, les nominations des directeurs des entreprises publiques à Mohéli par le Président Sambi, en remplacement des hommes nommés le Chef exécutif de l’île est anti constitutionnel. La manière violente qui a été employée, en faisant casser les serrures des portes des bureaux par la gendarmerie, est tout aussi contestable. Je ne peux pas ne pas réagir contre cette agression caractérisée, quand le Président Sambi écrase l’autonomie de Mohéli et viole la Constitution de notre pays. Le Président Sambi évoque l’article 8 de la Constitution qui lui donnerait le droit d’intervenir pour mettre de l’ordre, quand les choses se passent mal dans une île. C’est tout simplement un abus de pouvoir car il n’y a pas eu menace à l’ordre public. S’agissant des mesures administratives et de gestion des finances publiques qui s’imposent, le Président Sambi est dépassé par la situation. Il a échoué dans le dialogue entre l’Union et les îles autonomes, et les entreprises publiques sont tombées en faillite à cause de sa gestion désastreuse. Elles fonctionnent sans conseil d’administration et perdent de l’argent du fait de la pression financière faite par le gouvernement central. Cette situation ne justifie pas le coup de force du Président Sambi pour une soit disant « opération propre ». En vérité, le Président. Sambi met les Mohéliens et le Chef de l’exécutif local sous pression en leur imposant un rapport de force. Il veut prolonger son mandat au détriment de la tournante de Mohéli en 2010. Les exécutifs autonomes de la Grande Comore et de Mohéli lui résistent. La Constitution le lui interdit et cela est dangereux pour l’unité nationale et l’intégrité territoriale. Il ne faudrait pas qu’il cède à la facilité en ayant recours à la violence par l’intermédiaire de l’armée nationale qui devrait rester neutre dans les questions politico-économiques. Les Mohéliens sont désemparés. Ils avaient adopté et accueilli en masse le Président Sambi quand M. Bacar l’empêchait d’aller prier dans son île natale. Aujourd’hui, le Président Sambi n’a pas réussi à convaincre que la révision de la constitution vise autre chose que la prolongation de son mandat qui tire vers la fin.
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