L’opposition déterminée à empêcher le référendum
Moins de vingt quatre heures après le lancement officiel de la campagne référendaire en vue de la révision constitutionnelle, l’exécutif de Ngazidja a réuni, dimanche, l’opposition, les préfets, les chefs de villages et les maires de Ngazidja pour décider du boycott du référendum. Une déclaration commune a été diffusée à l’issue de la rencontre organisée à la salle de conférences de l’hôtel Le Moroni. et ils ont affirmé leur résolution et leur détermination « à empêcher… la tenue de ce référendum ».
C’est l’ancien directeur de cabinet de Sambi et actuel président de l’île autonome de Ngazidja, Mohamed Abdouloihabi qui a ouvert les hostilités contre le chef de l’Etat que l’opposition accuse de « commettre un crime sans témoin » en organisant ce référendum sans la communauté internationale.
« Paraît-il, il y a une campagne ouverte, a ironisé le chef de l’exécutif de Ngazidja qui a par ailleurs jugé « illégal » ce référendum qui ne respecte aucune disposition électorale (recensement, révision des listes électorales, commissions insulaires. . .).
Quant à Hamada Madi Bolero qui représentait le président mohélien à la réunion, pour lui, « il n'y aura pas de vote à Mohéli ». Et il a soutenu que Mohéli a toujours été avec Ngazidja pour défendre l’intérêt national.
Pour les partis politiques de l’opposition, c’est l’ancien ministre de l’intérieur, Omar Tamou, qui a parlé en leur nom. « Nous refusons ce référendum et on ne va pas se laisser faire », a-t-il insisté en relevant que mardi un rassemblement similaire sera organisé à Anjouan par les exécutifs de Ngazidja et de Mohéli pour faire passer le même message.
Le message semble bien perçu par les 200 personnes venues de toute l’île, à l’image du préfet de Foumbouni. Celui-ci se dit prêt à boycotter le référendum qui « n’a pas de raison d’être » depuis que les présidents de Mohéli et de Ngazidja ont accepté l’harmonisation en 2010.
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Pour le notable Bin Charaf, le père de Kamar Ezzamane, « Sambi n’est plus le président des Comores ». Il l’accuse d’étouffer les intérêts de Ngazidja et d’avoir "volé" ses droits.
Sur le risque de violences à partir de cette déclaration commune, le directeur de cabinet de Mohamed Abdouloihabi rejette toute responsabilité. « S’il y a violence, ce n’est en tout cas pas nous qui avons commencé, a-t-il dit avant de rajouter : « de toute façon, nous sommes prêts à tout pour empêcher la dislocation de notre pays ».
Concernant les récents actes d’incivilités à Moroni et à Mohéli, le ministre des finances de Ngazidja n’exclut pas une implication des autorités de l’Union. « Je soupçonne le pouvoir, notamment en ce qui concerne la tentative d’incendie à Albalad », a-t-il confié en marge du rassemblement.
En tout cas, le climat politique actuel est tel que la population comorienne commence à avoir peur de la tournure que peut prendre la situation à l’approche de la date du référendum.
« On aurait pu faire campagne pour le non, admet Idi Chami, chargé de missions à la présidence de Ngazidja. Mais on a décidé le boycott car on a vu ce qui s’est passé lors de l’élection présidentielle d’Anjouan et au moment du vote de la loi relative à la citoyenneté économique ».Et bien comme a dit le président Mohamed Abdouloihabi ce même dimanche "Trama tsilo bowendza mangno".
Kweli/27/04/2009