Éclairage: La chienlit

Publié le par habari


Combien de temps va pouvoir durer le bras de fer entre Paris et Moroni ? Le gouvernement des Comores qui réclamait Bacar n’a pas traîné pour répliquer à la décision française de ne pas l’expulser. Les clandestins anjouanais interceptés à Mayotte étaient jusqu’alors réexpédiés manu militari dans leur île d’origine. Depuis avant-hier c’est impossible. Pour justifier cette interdiction, Moroni s’appuie d’une part sur l’argument du moment à savoir que derrière ces clandestins peuvent se cacher de redoutables opposants au régime et d’autre part que Mayotte étant une terre comorienne revendiquée, ces kwassa-kwassa ne peuvent être traités comme des étrangers alors qu’ils sont chez eux. La réponse de Sambi ne peut que plonger la préfecture de Dzaoudzi dans l’embarras. Chaque semaine, il débarque 300 clandestins. L’an dernier, ils ont été plus de 16 000 à rejoindre cet Eldorado qu’est pour eux Mayotte, département en gestation avec son niveau de vie et ses aides sociales. Que faire si l’imbroglio diplomatique perdure ? Si Moroni campe mordicus sur sa décision ? Employer les grands moyens aux abords des côtes mahoraises, dresser un “mur de Berlin” pour barrer la route aux passeurs et leurs cargaisons humaines ? Impensable. Agrandir le centre de rétention pour absorber cet afflux ? Où, comment, avec quels moyens et dans quels délais ? Laisser les Anjounais s’évanouir dans la campagne mahoraise au risque de générer des tensions supplémentaires, de développer l’insécurité, d’accroître leur poids démographique ? Quelle chienlit.

Christophe Tezier

Source: CLICANOO

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