Un référendum à Mayotte en mars-avril 2009
Le secrétaire d’Etat à l’Outre-Mer, Yves Jégo, a annoncé lundi que le référendum à Mayotte pour demander aux Mahorais s’ils souhaitent que la collectivité départementale devienne un département-région, se tiendrait en mars-avril 2009.
Il se rendra aussi sur le territoire à la mi-mai avant de s’envoler cet été pour les Antilles et la Polynésie.
Le scrutin se tiendra "en mars-avril 2009", a déclaré Yves Jégo à la presse lors de sa visite à la Foire de Paris, hier. Si les Mahorais le décidaient, Mayotte deviendrait ainsi le cinquième département d’Outre-mer français.
"Nous expliquerons aux Mahorais les avantages de la départementalisation mais aussi les bouleversements" qu’elle pourrait apporter, "il faut que ce choix, s’il doit être fait, soit fait en toute connaissance de cause (...) L’Etat sera neutre, le gouvernement ne prendra pas partie", a garanti M. Jégo. Mayotte fait partie des collectivités d’Outre-mer prévues à l’article 74 de la Constitution, mais six domaines font encore l’objet d’un traitement spécifique, dont les impôts, l’urbanisme et la protection sociale.
Département et région
En cas de "oui" au référendum, la collectivité deviendra aussi une région d’Outre-mer, mais il n’y aurait probablement qu’une seule assemblée, et non deux comme dans les autres départements-régions d’Outre-mer. M. Jégo, qui se rendra à Mayotte et aux Comores en compagnie du secrétaire d’Etat à la Coopération, Alain Joyandet, espère que d’ici là, "des progrès visibles auront été faits pour diminuer la pression migratoire sur Mayotte".
Co-développement avec les Comores
Selon lui, les choses ont "progressé" tout dernièrement, la frontière avec les Comores ayant été "réouverte le 1er mai". "Nous sommes aujourd’hui à des rotations régulières qui permettent de répondre à la question des personnes en situation irrégulière", a-t-il déclaré. M. Jégo a rencontré lundi matin l’ambassadeur des Comores à Paris.
Les deux pays vont mettre en place "un groupe de travail de haut niveau pour renforcer leur coopération" et bâtir un "projet de co-développement, qui permette d’apporter une réponse de fond à la question de la pression migratoire et de développer de l’activité économique, du côté en particulier de l’île d’Anjouan".
Pendant un mois, environ 400 Anjouanais sont entrés quotidiennement à Mayotte, où le centre de rétention était fermé, car les Comores refusaient de reprendre leurs ressortissants, selon le président du conseil général de Mayotte Ahamed Attoumani Douchina (UMP).
Source: RFO Mayotte