Priorité aux élections et à la reconstruction d'Anjouan

Publié le par habari

Le conseil de paix et de sécurité (Cps), de l'Union africaine réuni à Adis Abeba dans son 124ème réunion du 30 avril, s'est penché sur la situation aux Comores, après le succès de l'opération ''Démocratie aux Comores'' qui a rétabli l'ordre constitutionnel à Anjouan. Dans son rapport, Francesco Madeira préconise de ne pas se limiter aux seuls ''aspects sécuritaires'', mais ''d'apporter une assistance aux Comores dans le domaine de la gouvernance et du relèvement socio-économique''.

Le conseil décide ''de proroger le mandat de la Mission d'assistance électorale et sécuritaire pour une période additionnelle de six mois''. La Maes va ''appuyer les efforts des autorités comoriennes en vue de la collecte des armes et munitions à Anjouan'' (détenus par des civils) et ''apporter l'assistance requise'' en vue de l'organisation de l'élection du président d'Anjouan. Sa présence dissuasive va, selon le CPS, ''contribuer à la création des conditions sécuritaires requises en vue de la tenue d'élections libres, régulières et transparentes''.
A ce propos, le porte-parole du gouvernement de l'Union, A S. Bakar a précisé qu'''une centaine de militaires soudanais resteront pour appuyer les quelques 200 militaires tanzaniens sur place depuis le début...''.

Processus interrompu

''Les dates indicatives pour les élections à Anjouan, précise-il, sont courant mai, pour le premier tour et juin pour le second tour. Tout est fin et il ne reste que l'impression des bulletins''. Abdourahim Said Bakar indique que ''le gouvernement a introduit une requête auprès de la Cour constitutionnel pour disqualifier le colonel Mohamed Bacar de la course aux élections présidentielles, pour les crimes qu'il a commis''.

La classe politique comorienne est plutôt divisée quant aux modalités de déroulement du scrutin présidentiel à Anjouan, tel qu'envisagé par la Cour constitutionnelle. Dans son discours d'installation du président intérimaire à Anjouan, le président de la Cour constitutionnel, Mouzaoir Abdallah, avait démontré la nécessité d'un retour rapide à la légalité, jugeant nécessaire de reprendre le processus électoral au stade où il a été interrompu, le 10 juin 2007. Pour sa part, Idriss Mohamed, l'un des leaders du Front Démocratique, estime que ''le processus électoral à Anjouan, interrompue par la rébellion doit être repris dans sa totalité pour permettre à tous ceux qui le veulent de faire acte de candidature''.

La mission de la Maes apportera son assistance pour ''aider à la mise en place d'une force de sécurité intérieure à Anjouan'' après la dissolution des Forces de la gendarmerie d'Anjouan et soutenir, ''dans la limite de ses capacités'', la réorganisation de l'Armée nationale de développement. Cette mission doit, également, après les élections, ''appuyer les travaux du Comité inter-comorien sur la détermination des compétences constitutionnelles entre l'Union et les Iles autonomes, ainsi que les efforts visant à rationaliser les arrangements institutionnels actuels aux Comores''.

Le rapport présenté par Francesco Madeira qui a abouti aux résolutions du conseil de paix et de sécurité, préconise de ne pas se limiter aux seuls ''aspects sécuritaires'', mais ''d'apporter une assistance aux Comores dans le domaine de la gouvernance et du relèvement socio-économique''. C'est dans ce cadre qu'il est prévu de dépêcher aux Comores, ''le plus rapidement possible'', une mission de la Commission, à laquelle seraient associées les institutions compétentes partenaires de l'Ua, notamment la Ligue des Etats arabes, l'Union européenne, les Nations unies et la Francophonie, ''pour une évaluation conjointe plus précise des besoins et pour une meilleure coordination de l'action des uns et des autres''.
Dans une lettre datée du 7 avril dernier et adressé au président de la commission de l'Ua, le président Sambi, souligne que l'espoir né du rétablissement de l'autorité de l'Etat à Anjouan ''ne peut se pérenniser sans un examen et une solution aux multiples problèmes auxquels se trouve confronté'' l'île d'Anjouan, la plus pauvre des Comores.

Si le président promet de ''lancer un grand chantier visant à assurer la relance socio-économique de l'île'', il lance un appel solennel à la communauté internationale dans son ensemble pour qu'elle appuie, avec la même détermination, ''l'oeuvre de reconstruction qui doit être entreprise à Anjouan, pour aider la population de l'île à sortir de la misère et de la précarité''.

Ahmed Ali Amir
Al-Watwan
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