Départementalisation de Mayotte : 'Nous voulons une campagne de vérité'
Les principaux élus mahorais ont tenu une conférence de presse mardi 6 mai, au cours de laquelle ils ont exposé le calendrier menant à la prochaine consultation des Mahorais sur le statut de département. Tous ont souhaité 'une campagne de vérité'.
"Nous devrons lever certaines appréhensions durant la campagne", a ajouté Ahmed Attoumani Douchina. "Certains font peur, en parlant de taxes, d'impôts, mais les Mahorais doivent savoir que cela se fait selon des règles, et qu'en France, ceux qui n'en ont pas les moyens ne payent pas d'impôts." Sur ce point, Abdoulatifu Aly a précisé que "le système fiscal en vigueur à Mayotte est le pire de la République car il favorise les riches et défavorise les plus faibles."
Au-delà de ces détails qui feront l'objet d'explications durant la prochaine campagne référendaire, l'ensemble des élus ont réaffirmé leur volonté d'être consultés le plus vite possible. Cependant, a expliqué M.Douchina, "le gouvernement veut se donner le temps d'étudier cette évolution statutaire". Des groupes de travail ont déjà été mis en place à Paris ; d'autres devraient voir le jour dans les semaines qui viennent à Mayotte. "Ils travailleront essentiellement sur le calendrier de l'intégration dans le droit commun des six domaines encore régis par la spécialité législative", a précisé le sénateur Soibahaddine.
M. Douchina a en outre indiqué avoir demandé au gouvernement de pouvoir faire voter, lors de cette consultation, les Mahorais vivant en France et à la Réunion. "C'est une demande que nous avons faîtes, nous avons été entendus mais nous n'avons eu aucune réponse" de la part du gouvernement, a-t-il précisé.
Les élus affirment également avoir mis l'accent, à Paris, sur l'intitulé de la consultation. "Nous voulons une question claire et simple, compréhensible par tous, afin que nous puissions donner une réponse sincère", réclame M.Aly. Selon M. Soibahaddine, "selon la loi, on nous demandera simplement si nous voulons du statut de département ou pas", mais "c'est au gouvernement de trancher", a rappelé M. Douchina.
Ce dernier a confirmé la volonté de la nouvelle majorité de jouer un rôle dans la région, "afin de nous affirmer." Il compte se rendre prochainement à l'île Maurice afin de rencontrer le président de la Commission Océan Indien que Mayotte veut "intégrer", et se réjouit de la promesse du gouvernement français d'intégrer les élus mahorais aux travaux du Groupe de haut niveau France / Comores chargé de trancher le conflit qui envenime les relations des deux pays depuis plus de trente ans. "Il faut montrer au monde entier que si Mayotte est française, ce n'est pas parce que la France le veut, mais parce que les Mahorais le veulent", a conclu M. Giraud.
Source: Malango