Le carburant en hausse: La cacophonie et les hausses en cascade

Publié le par l'anjouannais

Le carburant en hausse: La cacophonie et les hausses en cascade
Le carburant est arrivé, une cargaison de dépannage qui a entrainé une hausse de 14% pour l'essence et le gazole et de presque 54% pour le pétrole lampant. Cette hausse vertigineuse annoncée par le numéro deux de la société des hydrocarbures, servant ainsi de bouclier au directeur général, au ministre des finances, à celui de l'économie, préférant, par leur mutisme, se défiler sur une décision pourtant majeure, car impliquant une hausse en cascade de tous les produits et services.

Le pétrole lampant, a connu la hausse la pus spectaculaire de son histoire. Maintenu jadis à un prix largement déficitaire, sur décision de l'ancien ministre des finances Said Ali Kemal, actuel député de l'Union, le pétrole est toujours vendu à pure perte, par la société comorienne des hydrocarbures, pour répondre à deux objectifs. Le premier est de réduire la pression exercée sur la coupe du bois de chauffe et de cuisson pour protéger l'environnement, la forêt principalement, très affectée par la surexploitation des sociétés coloniales. Le second, le prix fixé au rabais permet aussi de soulager, le panier de la ménagère mais aussi de soutenir des secteurs clés comme la pêche, qui utilise le pétrole pour les moteurs hors bords...

Utilisé habituellement pour les besoins de la cuisson domestique, le pétrole coutera désormais plus cher que le gaz considéré pourtant comme un produit de luxe. Avec une utilisation minimale de 1 litre de pétrole par jour et par famille, le précieux liquide couterait pas moins 12000 franc par mois aux ménages contre une bonbonne de gaz de 9900 Fc.

Cette hausse n'est malheureusement pas suivie de mesures d'accompagnement, comme la baisse des tarifs douaniers sur des produits de première nécessité comme le riz , la farine, le sucre et les médicaments, les fers, le ciment.... pour protéger les couches les pus vulnérables. Elle n'est pas non plus accompagnée par une révision des impôts, en hausse pour les profiteurs de la crise et en baisse pour les secteurs de l'économie touchés de plein fouet par ces hausses des hydrocarbures.

Les premiers à réagir à cette mesure, sans concertation aucune avec les autorités de l'Etat, sont les chauffeurs de transports en commun et des taxis villes. Le secrétaire général de Wusukani Wa Massiwa, Abou Djohar, annonce en premier les hausses, de 25 à 35% selon les régions. Le tarif du taxi ville, qui coutait 300 francs la course urbaine est fixé à 400 francs comoriens.

Une réponse qui sonne comme une expression de l'anarchie et du désordre. A ce rythme, on se demande, si la cacophonie qui a accompagné les négociations sur l'achat du pétrole auprès de Total, de l'Iran et Metro Petrolieum, qui échouent les unes des autres, ne traduisent pas un manque de maitrise totale des dossiers, une dilution du pouvoir.

La hausse des prix des produits qui interviennent dans un pays ou le citoyen comorien vit en moyenne avec un dollars par jour, risque d'aggraver le taux de pauvreté, déjà en dessous du seuil à Anjouan.

Cette hausse intervient dans une période de crise profonde de trésorerie. Les caisses de l'Etat s'amenuisent de mois en mois, et les sociétés d'Etat, comme les hydrocarbures et la Ma-Mwe, tombent en cessation de paiement risquant d'entrainer la seule société debout, la société comorienne des télécommunications, pompé à flot pour maintenir sous perfusion les autres sociétés d'Etat.

Pour la seule année 2008, les agents de l'Etat ont perçu deux mois de salaires, aggravant encor plus le pouvoir d'achat des ménages, l'Etat étant le principal employeur.

Mais la crise du carburant affecte beaucoup plus les entreprises, grandes comme moyennes qui subissent les délestages de la société d'électricité, la Ma-Mwe, provoquant la fermeture de certaines d'entre elles, la mise eu chômage technique de leurs employés.

Mais le revers d'un hausse mal pensée, non négociée, risque d'entrainer une hausse de tous les produits locaux comme importés, entrainant la famine, par pauvreté monétaire.

Cette situation ressemble à s'y méprendre à la même situation de blocage provoqué par l'EEDC sous le président Taki, et qui a entrainé la faillite de nombreuses entreprises et d'institutions bancaires...

Ahmed Ali Amir, Al-watwan, vendredi 8 août 2008
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